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  • Odile Griver

"Ségurant, Le chevalier au dragon" d’Emanuele Arioli

Dernière mise à jour : 9 juin



 

 




D’abord, il s’agit d’une découverte exceptionnelle d’un conte du Moyen Âge disparu et dispersé à travers toute l’Europe, à partir d’un manuscrit italien écrit en français du 13° siècle. Son « inventeur » est un médiéviste, archiviste-paléographe, ancien élève de l’École normale Supérieure de Paris, de l’École Nationale des Chartes et de la Scuola Normale Superiore de Pise, Emanuele Arioli.



Très diplômé et hyper compétent en langues anciennes, ce chercheur a dû passer 10 ans en recherches pour parvenir à rassembler les fragments épars de l’histoire de ce Chevalier au Dragon, écrite en parallèle aux histoires de la Table Ronde – où apparaissent d’ailleurs les principaux héros de la Cour du Roi Arthur – mais désormais tombée dans l’oubli, contrairement à tous les récits de Chrétien de Troyes et autres conteurs de l’époque.  



Voilà donc un texte qui ressuscite du Moyen Âge, et qui nous emmène dans le monde merveilleux des chevaliers, occupés aux tournois pour prouver leur courage, admirés pour les batailles gagnées contre les ennemis, héros chrétiens fidèles à leur Roi, dont la quête de vérité ne cesse jamais.


Les premiers romans arthuriens naissent entre 1190 et 1240 et la production se poursuit jusqu’au XVIe siècle. La version la plus complète de Ségurant le Chevalier au Dragon est conservée dans un manuscrit de la merveilleuse bibliothèque de l’Arsenal à Paris, et c’est une compilation du XVe siècle : de nombreux épisodes sont mêlés avec « les Prophéties de Merlin », et c’est là qu’Emanuele Arioli en a découvert la trace. La 1ʳᵉ version du roman arthurien : « les Prophéties de Merlin » a été rédigée en français à Venise vers 1270. (Remarquons l'usage du français déjà très répandu à travers plusieurs pays d'Europe) Cette « version de base » fait référence à de nombreuses informations familières du lecteur habituel de romans arthuriens. La plupart des lieux sont des lieux imaginaires des récits de la Table Ronde ou des lieux réels déjà introduits dans la fiction arthurienne. Mais il en est un dans Ségurant qui est l’île de NonSachant, sa patrie, l’île qui n’existe pas.




Dans la légende du Roi Arthur, si on trouve bien le nom de Ségurant, en revanche ce dernier ne figure pas dans les noms des chevaliers qui « ont leur rond de serviette » à la Table du Roi. Mais quoique méconnu, le nom de ce Chevalier sonne juste à nos oreilles, comme si nous l’avions déjà entendu ou lu quelque part. C’est qu’Emanuele Arioli tisse des hypothèses de filiation entre Sigurd, personnage de la mythologie nordique, ou Siegfried, de la chanson des Nibelungen, mythologie germanique, qui tous deux ont aussi affronté des dragons. Il est fascinant de penser que de telles histoires, déclinées selon les traditions de chaque pays, aient pu finalement s’influencer et surtout marquer la culture « européenne », pas si fragmentée que ça…


Certes, le dragon comme incarnation du mal est un élément récurrent des textes bibliques, et de l’iconographie religieuse chrétienne, associé au mal, au démon, aux péchés d’orgueil et de luxure, et c’est pourquoi, absent des légendes arthuriennes que l’on connait, il se trouve tout de même dans l’histoire perdue de Ségurant. Il fallait, pour compléter la saga, un Chevalier au Dragon.  D’ailleurs, celui-là ne recherche pas le Graal, comme tous les autres. Ségurant part à la poursuite d’un dragon fantôme, une création de la fée Morgane dont l’influence délétère sur le Roi Arthur, son frère, finira par causer la mort de ce dernier.


Emanuele Arioli a effectué des recherches de vieux manuscrits à travers toute l’Europe. C’est dire si ce roman était devenu un best-seller de l’époque. Il a retrouvé des lambeaux de cette histoire jusque dans des couvertures de manuscrits, le parchemin étant cher, les feuillets avaient été réutilisés pour les reliures. Parfois aussi les manuscrits conservés ont subi des incendies et leur lecture en est devenue difficile. Il a fallu ensuite « recoller » les morceaux de l’histoire, reconstituer une chronologie, comprendre ce qui pouvait être mis bout à bout. Un travail de « romain » !


Le texte publié sur Les Belles Lettres comporte 2 parties.


L’une présente les aventures du héros en formation, ses prouesses, sa vaillance. Au plus il massacre d’ennemis (païens ou rivaux), au plus il affirme sa dextérité aux tournois, au plus il est vénéré. Je remarque d’ailleurs qu’au Moyen-Age, un héros se devait d’être modeste car, à chaque fois que ses supporters princiers s’inclinent devant lui en signe de respect, à chaque fois, il se dit « plein de honte » devant les honneurs qu’il estime immérités. C’est drôle ce sentiment de « honte » tant de fois exprimé!!!. Car Ségurant ne manque pourtant pas de présomption. Il demande, par exemple, comme une faveur, de combattre seul contre une troupe de chevaliers ennemis, ou se précipite face au danger sans grandes précautions. Le mot de "honte" a donc des sens très différents et dans le cas présent il traduit la gêne devant des honneurs qui font "trop honneur".


L’autre partie est tout entière consacrée à un tournoi géant organisé à Winchester en Angleterre, et où le Roi Arthur, la Reine Guenièvre, Yvain, Gauvain et Lancelot du Lac sont présents.


On apprend comment sont organisées ces fêtes, le rôle des dames de la Cour, les petites histoires qui gênent certains chevaliers, comme celle où, en échange de ne pas être fait prisonnier, Palamède, un des chevaliers, est interdit de porter une arme devant Guenièvre et ne peut donc participer aux joutes. On voit aussi que les tentes des chevaliers étaient dressées bien avant leur arrivée, et que celle de Ségurant était surmontée d’un pommeau de pierre précieuse si brillant que la Reine restera des heures à en admirer le scintillement.


 

C’est un récit à lire pour sa fraicheur, pour la nostalgie qu’il suscite, pour l’émotion bien sûr, pour le rêve, pour son exotisme aussi, car le Moyen Âge est un Âge si proche et si lointain à la fois…

Le livre, au format de poche, est illustré de belles enluminures en couleurs.


Reste à comprendre pourquoi ce texte a été gommé des bibliothèques…. Arioli pense que, publié au sein des "Prophéties de Merlin", livre bientôt interdit par l’Eglise car la chrétienté ne voulait pas de prophètes autres que ceux qui étaient ainsi désignés dans la Bible et surtout que Jésus-Christ, il est donc possible que cette interdiction ait conduit au démantèlement de l’ouvrage.


Mais il y a aussi la question du dragon. Ce dragon-là est l’effet d’un sortilège de Morgane. Peut-être qu'il valait mieux ne conserver que les quêtes du Graal…



Enfin, la chevalerie a disparu à la Renaissance et on n’a pas pris beaucoup de soin de certains ouvrages, pourtant très (trop ?) connus de l’époque.


Mais vraiment, ce qui est le plus remarquable dans cette découverte fantastique, c’est le lien culturel que les sociétés du Moyen Âge ont construit entre elles, à des moments sans électricité ni internet.

 

​Odile GRIVER



READING IMPRESSIONS : « Segurant, Le chevalier au dragon. » edited by Emanuele Arioli


First of all, this is an exceptional discovery of a lost medieval tale scattered all over Europe, based on an Italian manuscript written in French in the 13th century. Its "inventor" is Emanuele Arioli, a medievalist, archivist-paleographer and former student of the École Normale Supérieure in Paris, the École Nationale des Chartes and the Scuola Normale Superiore in Pisa. Highly qualified

and highly skilled in ancient languages, this researcher had to spend 10 years researching and piecing together the scattered fragments of the story of this Dragon Knight, written alongside the stories of the Round Table - in which the main heroes of King Arthur's court appear - but now forgotten, unlike all the tales of Chrétien de Troyes and other storytellers of the time.


Here, then, is a text that resurrects the Middle Ages, taking us into the wonderful world of knights, engaged in tournaments to prove their courage, admired for battles won against enemies, Christian heroes loyal to their King, whose quest for truth never ceases.


The first Arthurian novels were written between 1190 and 1240, and production continued until the 16th century. The most complete version of Ségurant le Chevalier au Dragon is preserved

in a manuscript in the wonderful Arsenal library in Paris, and is a 15th-century compilation: many episodes are interwoven with "the Prophecies of Merlin", and it was here that Emanuele Arioli

discovered the trace. The 1ʳᵉ version of the Arthurian novel: "les Prophéties de Merlin" was written in French in Venice around 1270. (Note the use of French already widespread throughout several European countries) This "basic version" refers to much information familiar to the habitual reader of Arthurian novels.


Most of the locations are imaginary places from the Round Table stories, or real places already introduced in Arthurian fiction. But one in Segurant is the island of NonSachant, his homeland, the

island that doesn't exist.


In the legend of King Arthur, the name Segurant does appear, but not in the names of the knights who "have their napkin rings" at the King's Table. But even though he's unknown, this knight's name rings true to our ears, as if we'd heard or read it somewhere before. This is because Emanuele Arioli weaves hypotheses of filiation between Sigurd, a character from Norse mythology, and Siegfried, from the Song of the Nibelungen, Germanic mythology, both of whom also faced dragons. It's fascinating to think that such stories, adapted to the traditions of each country, could have influenced each other and, above all, left their mark on "European" culture, which isn't all that fragmented...


Of course, the dragon as the embodiment of evil is a recurrent element in biblical texts and Christian religious iconography, associated with evil, the devil, the sins of pride and lust, and this

is why, although absent from the Arthurian legends we know, it is nevertheless to be found in Segurant's lost story. To complete the saga, a Dragon Knight was needed. And this one, like all the others, is not in search of the Grail. Instead, Ségurant sets off in pursuit of a phantom dragon, a creation of the fairy Morgana, whose deleterious influence on his brother King Arthur will

ultimately lead to his death.


Emanuele Arioli researched old manuscripts all over Europe. The novel was a bestseller at the time. He found shreds of the story even in manuscript covers: because parchment was expensive,

the leaves had been reused for bindings. Sometimes, too, the preserved manuscripts had suffered fire, making them difficult to read. It was then necessary to "put back together" the pieces of

history, to reconstitute a chronology, to understand what could be put together. The work of a "Roman" !


The text published on Les Belles Lettres is in 2 parts.


The first presents the hero's adventures in training, his prowess and valour. The more enemies (pagan or rival) he slaughters, the more dexterous he proves at tournaments, the more he is

revered. In fact, I've noticed that in the Middle Ages, a hero had to be modest, because every time his princely supporters bowed to him as a sign of respect, he said he was "ashamed" of the honors he felt were undeserved. It's funny, this feeling of "shame" so often expressed! Yet Ségurant is not lacking in presumption.


He asks, for example, as a favor, to fight alone against a troop of enemy knights, or rushes into danger without great precautions.


The word "shame" therefore has very different meanings, and in this case it expresses embarrassment in the face of honors that are "too much honor".


The other part is entirely devoted to a massive tournament held in Winchester, England, and attended by King Arthur, Queen Guinevere, Yvain, Gauvain and Lancelot du Lac.


We learn how these festivities are organized, the role of the ladies of the Court, and the little stories that annoy certain knights, such as the one in which, in exchange for not being taken prisoner,

Palamède, one of the knights, is forbidden to carry a weapon in front of Guinevere and therefore cannot take part in the jousts.


We also see that the knight'tents were erected long before their arrival, and that Segurant's was topped with a precious stone pommel so brilliant that the Queen would spend hours admiring its glitter.


This is a story to be read for its freshness, for the nostalgia it arouses, for the emotion of course, for the dream, and for its exoticism too, for the Middle Ages are so near and yet so far at

the same time...


The pocket-sized book is illustrated with beautiful color illuminations.


It remains to be seen why this text has been erased from libraries.... Arioli believes that, as it was published as part of the "Prophecies of Merlin", a book soon to be banned by the Church

because Christianity wanted no prophets other than those so designated in the Bible and above all Jesus Christ, it is possible that this ban led to the book's dismantling.


But there's also the question of the dragon. This dragon is the result of a Morgane spell. Perhaps it was better to keep only the Grail quests...


Finally, chivalry disappeared during the Renaissance, and we didn't take much care of some of the works that were (too?) well known at the time.


But really, the most remarkable thing about this fantastic discovery is the cultural link that the societies of the Middle Ages built up between them, at times when there was neither electricity nor the Internet. ​

Odile GRIVER


IMPRESIONES DE LECTURA : Ségurant El caballero del dragón editado por Emanuele Arioli


En primer lugar, se trata del descubrimiento excepcional de un cuento de la Edad Media que había desaparecido y se encontraba disperso por toda Europa, basado en un manuscrito italiano

escrito en francés en el siglo XIII. Su "artífice" es Emanuele Arioli, medievalista, archivero y paleógrafo, antiguo alumno de la École Normale Supérieure de París, de la École Nationale des Chartes y de la Scuola Normale Superiore de Pisa. Erudito altamente cualificado en lenguas antiguas, Arioli dedicó 10 años a investigar y reunir los fragmentos dispersos de la historia del Caballero del Dragón, que se escribió junto a los relatos de la Mesa Redonda -y en la que aparecen los principales héroes de la corte del rey Arturo- pero que ahora ha caído en el olvido, a diferencia de todos los cuentos narrados por Chrétien de Troyes y otros narradores de la época.


He aquí, pues, un texto que resucita la Edad Media, adentrándonos en el maravilloso mundo de los caballeros, ocupados en los torneos para demostrar su valor, admirados por las batallas que ganaban a sus enemigos, héroes cristianos leales a su Rey, cuya búsqueda de la verdad nunca cesa.


Las primeras novelas artúricas se escribieron entre 1190 y 1240, y su producción continuó hasta el siglo XVI. La versión más completa de Ségurant le Chevalier au Dragon se conserva en un

manuscrito de la maravillosa biblioteca del Arsenal de París, y se trata de una recopilación del siglo XV: muchos episodios están entrelazados con "las Profecías de Merlín", y fue allí donde

Emanuele Arioli descubrió el rastro. La versión 1ʳᵉ de la novela artúrica: "Las Profecías de Merlín" fue escrita en francés en Venecia hacia 1270. (Obsérvese el uso del francés ya extendido

por varios países europeos) Esta "versión básica" hace referencia a gran parte de la información conocida por lectores habituales de novelas artúricas. La mayoría de los escenarios corresponden a lugares imaginarios de las historias de la Mesa Redonda o a lugares reales ya introducidos en la ficción artúrica. Pero hay un lugar en Segurant que es la isla de NonSachant, su patria, la isla que no existe.


En la leyenda del rey Arturo, el nombre de Segurant sí aparece, pero no figura entre los nombres de los caballeros que "tienen sus servilleteros" en la Mesa del Rey. Pero aunque sea desconocido, el

nombre de este caballero resuena en nuestros oídos, como si ya lo hubiéramos oído o leído en alguna parte. Esto se debe a que Emanuele Arioli teje hipótesis de filiación entre Sigurd, un personaje de la mitología nórdica, y Sigfrido, del Cantar de los Nibelungos, de la mitología germánica, ambos también enfrentados a dragones. Es fascinante pensar que tales historias, contadas según las tradiciones de cada país, hayan podido influirse mutuamente y, sobre todo, dejar su huella en la cultura

"europea", que no está tan fragmentada...


Ciertamente, el dragón como encarnación del mal es un elemento recurrente en los textos bíblicos y en la iconografía religiosa cristiana, asociado al mal, al diablo, a los pecados de orgullo y

lujuria, y por eso, aunque ausente de las leyendas artúricas que conocemos, se encuentra sin embargo en la historia perdida de Ségurant. Para completar la saga, hacía falta un Caballero del

Dragón. Y éste, como todos los demás, no busca el Grial. En su lugar, Ségurant parte en persecución de un dragón fantasma, una creación del hada Morgana cuya deletérea influencia sobre el rey Arturo, su hermano, acabará causándole la muerte.


Emanuele Arioli investigó manuscritos antiguos por toda Europa.


La novela fue un éxito de ventas en su época. Encontró retazos de la historia incluso en las cubiertas de los manuscritos: al ser caro el pergamino, las hojas se habían reutilizado para encuadernaciones. A veces, también, los manuscritos conservados habían sido quemados, lo que dificultaba su lectura. Así que había que "recomponer las piezas de la historia", reconstituir una

cronología y comprender lo que se podía unir. ¡El trabajo de un

« romano »!


El texto publicado por Les Belles Lettres consta de 2 partes.


La primera presenta las aventuras del héroe en formación, sus proezas y su valor. Cuanta más masacre de enemigos (paganos o rivales), cuanto más diestro se muestre en los torneos, más

venerado será. De hecho, me he dado cuenta de que en la Edad Media, un héroe tenía que ser modesto, porque cada vez que sus partidarios principescos se inclinaban ante él en señal de respeto,

decía sentirse "avergonzado" por los honores que consideraba inmerecidos. Es curioso, ¡este sentimiento de "vergüenza" expresado tantas veces! Y sin embargo, a Ségurant no le falta

presunción. Pide, por ejemplo, como favor, luchar solo contra una tropa de caballeros enemigos, o se precipita al peligro sin tomar grandes precauciones. La palabra "vergüenza" tiene, pues,

significados muy diferentes, y en este caso expresa el pudor ante honores que resultan &q"demasiado honrosos".


La otra parte está enteramente dedicada a un gran torneo celebrado en Winchester, Inglaterra, al que asisten el rey Arturo, la reina Ginebra, Yvain, Gauvain y Lancelot de la Lac.

Nos enteramos de cómo se organizan estas fiestas, del papel de las damas de la corte y de las pequeñas historias que molestan a ciertos caballeros, como aquella en la que, a cambio de no ser

hecho prisionero, a Palamède, uno de los caballeros, se le prohíbe llevar un arma frente a Guinevere y, por lo tanto, no puede participar en las justas. También vemos que las tiendas de los

caballeros se levantaron mucho antes de que llegaran, y que la tienda de Segurant estaba rematada con un pomo de piedra preciosa tan brillante que la reina pasó horas admirando su resplandor.


 

Esta es una historia para leer por su frescura, por la nostalgia que despierta, por la emoción por supuesto, por el ensueño, y por su exotismo también, porque la Edad Media está tan cerca y tan

lejos al mismo tiempo...


Este libro de bolsillo está ilustrado con hermosas iluminaciones en color.


Queda por saber por qué se ha borrado este texto de las bibliotecas..... Arioli cree que se publicó como parte de las "Profecías de Merlín", un libro que pronto fue prohibido por la Iglesia porque el cristianismo no quería más profetas que los designados en la Biblia, y sobre todo Jesucristo. Por tanto, es posible que esta prohibición provocara el desmantelamiento del libro.


Odile Griver

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