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  • Julian Rees

The Word ‘Brother’ Among Freemasons is More Than A Name





Dust as we are, the immortal spirit grows

Like harmony in music; there is a dark

Inscrutable workmanship that reconciles

Discordant elements, makes them cling together

In one society.

 

William Wordsworth

 

I was reminded recently that twists of fate can work in many and curious ways. Young Erwin (name changed) came from Germany in the 1930s to study medicine at Cambridge and so survived the Holocaust in which most of his family perished.


Erwin graduated and was commissioned into the Royal Army Medical Corps, later becoming a prominent member of the medical profession in this country. He was also initiated into Freemasonry and in time became a member of a German-speaking lodge in London. This lodge, because of its international status, made and received regular visits to and from lodges in continental Europe, mostly in Germany, but Erwin could not be persuaded to join any of the visits to the country of his birth, not out of any direct hatred, but simply due to a very uncomfortable feeling in the company of anybody he felt might, even remotely, have had a part in the terrible events surrounding the Holocaust. His friends in the lodge tried to persuade him to join them on one such visit, and he finally, reluctantly, agreed.


     The experience proved, in his own words, almost unbearable. He had an aversion to almost all the places they went, almost all the people they met. True, the bonds of the brotherhood of Freemasonry did a lot to diminish these effects, but overall the visit was not a success from his own personal standpoint. He told me that he found himself standing in the street looking at the people around him and thinking ‘were you perhaps one of them?’ and again ‘perhaps you?’ or ‘you look as though you might have ... ‘ The twists of our imagination in a situation like that are indeed cruel. Erwin made up his mind not to repeat the experience.


Over the years which followed, the reciprocal visits continued. The lodge received a visit from a lodge in Frankfurt. The Master of the lodge, Wolfgang (name also changed), of a similar age to Erwin, had grown up in a different part of Germany, had been to university, and like thousands of his countrymen was called up to fight in what everybody had been led to believe was a good cause. He described to me his sense of dawning horror, in 1945, on learning of the atrocities of the Third Reich.


   Wolfgang struck up a more than casual friendship with Erwin. At some point, Erwin invited Wolfgang to stay with him at his home in London, and the friendship deepened. Eventually, Wolfgang asked Erwin why it was that he never accompanied the lodge on its visits to Germany, and after a while Erwin told him. Wolfgang didn’t try to persuade him against his will. But some time later he said to him: ‘Look, I cannot begin to imagine what you suffer because of the Holocaust, and I cannot of course argue against the feelings it has implanted in you against my countrymen, but you and I meet on the square, and the bonds of our brotherhood rise above everything else. In our lodges, you and I are one. Outside the lodge, there may be all kinds of influence that could divide us, but if you can surmount those obstacles which alienate you from my country, I can tell you that you will be the richer for it. If you give in, and allow mistrust and hatred to take up residence, the evil-doers will have won the victory.’



I don’t have to tell you that faced with the shining light of such a truth Erwin started to heal. He subsequently made many visits to Germany – masonic and otherwise – made many good and lasting friendships, was decorated by the United Grand Lodges of Germany for services to Freemasonry and came to be grateful to Wolfgang for his gentle intervention.


This is only a passing example perhaps of what our answer can be to man’s inhumanity to man. Are we to be forever crushed by evil and allow it to distort our lives, or to show what Immanuel Kant called ‘man’s limitless  capacity  for  good’?  An  outrage  perpetrated  against  humanity  from  any  quarter  merits  a real humanitarian involvement on our part to right the wrong. We should not lose sight of the fact that in a uniquely masonic way, the same spirit that united Erwin and Wolfgang to such good effect on a personal level does inspire men and women everywhere to acts of understanding, tolerance and reconciliation.

 

Julian Rees



Un témoignage émouvant :


Pour les Francs-maçons, « Frère » n’est pas un vain mot.


« Dans la poussière que nous sommes, l'esprit immortel se développe comme l'harmonie dans la musique ; il y a une obscure et impénétrable alchimie qui réconcilie les éléments discordants, les fait s'harmoniser ensemble dans une seule société. »

                        William Wordsworth


Il m’a récemment été rappelé que les voies du destin sont souvent variées et étonnantes.


Dans les années 30, le jeune Erwin (le nom a été changé), a quitté l’Allemagne pour étudier la médecine à Cambridge, et a ainsi échappé à l’holocauste où la plupart des membres de sa famille ont péri.


Une fois diplômé, Erwin fut affecté au service de santé de l’armée de Sa Majesté puis, plus tard, il devint un membre éminent du corps médical en Grande bretagne. Il fut aussi initié en Franc-maçonnerie et devint ensuite membre d’une Loge de langue allemande à Londres. De par son statut international, cette Loge rendait visite et recevait régulièrement des Loges d’Europe continentale, principalement d’Allemagne, mais Erwin n’acceptait jamais de participer aux visites dans son pays d’origine. Ce n’était pas parce qu’il le haïssait, mais parce qu’il se sentait mal à l’aise en compagnie de gens qui auraient pu, même de loin, participer à quelque évènement que ce soit en rapport avec l’holocauste. Ses frères de Loge s’attachèrent à le convaincre de les accompagner dans une de ces visites, et, non sans réticence, il finit par accepter.

Selon ses propres mots, cette expérience s’avéra presque insupportable. Il ressentait une forme d’aversion pour presque tous les endroits visités et pour presque toutes les personnes rencontrées. Bien sûr, les liens de la fraternité maçonnique atténuèrent grandement ces impressions négatives, mais globalement, la visite ne fut pas un grand succès de son point de vue. Il me raconta que, dans la rue, il regardait les gens autour de lui en pensant « étiez-vous l’un d’entre eux ? », et « vous, peut-être ? », ou encore « vous avez l’air d’avoir été l’un d’entre eux » … Les pièges de notre imagination sont parfois cruels dans ce genre de situation. Erwin décida de ne plus refaire l’expérience.

Dans l’année qui suivit, les visites réciproques se poursuivirent et la Loge accueillit une Loge de Francfort. Son Vénérable Maître, Wolfgang (le nom a aussi été changé), avait à peu près le même âge qu’Erwin. Il avait grandi dans différentes régions d’Allemagne, avait fait l’université et, comme des milliers de ses concitoyens, avait été enrôlé dans l’armée et avait combattu pour ce qu’on lui avait présenté comme une juste cause. Il me raconta l’horreur qui l’avait envahi quand, en 1945, il apprit les atrocités commises par le III° Reich.


Wolfgang noua avec Erwin une amitié rien moins que superficielle. A un moment donné, Erwin invita Wolfgang à demeurer chez lui à Londres et leur amitié s’en trouva renforcée. Un beau jour, Wolfgang demanda à Erwin pourquoi il n’accompagnait jamais la Loge dans ses visites en Allemagne et, après quelques hésitations, Erwin lui expliqua. Wolfgang ne chercha pas à le faire changer d’avis. Cependant, un peu plus tard, il lui dit : « Ecoute : je ne peux sans doute pas imaginer la souffrance que tu ressens à propos de l’holocauste, et je ne peux pas non plus lutter contre les sentiments que cela a engendré chez toi envers mes compatriotes, mais toi et moi nous sommes rencontrés entre équerre et compas, et les liens de notre fraternité sont plus forts que tout le reste. En Loge, toi et moi ne faisons qu’un. En-dehors de la Loge, il y a toutes sortes d’influences qui pourraient nous diviser, mais si tu peux surmonter les obstacles qui te rendent hostile envers mon pays, je peux t’affirmer que cela t’enrichira. Si tu abandonnes et que tu te laisses envahir par la défiance et la haine, alors, ce sont les malfaisants qui auront gagné ».


Face à la lumière éclatante de cette vérité, je n’ai pas besoin de vous dire qu’Erwin a commencé à guérir. Par la suite, il fit plusieurs visites en Allemagne (maçonniques et autres), y noua nombre d’amitiés sincères et durables, fut décoré par les Grandes Loges Unies d’Allemagne pour services rendus à la Franc-maçonnerie, et témoigna à Wolfgang toute sa gratitude pour son intervention bienveillante.


Cela n’est qu’un exemple de ce que peut être notre réponse à l’inhumanité des hommes envers d’autres hommes. Sommes-nous condamnés à céder à la pression du mal et à lui permettre de détruire nos vies, ou sommes-nous capables de manifester ce qu’Emmanuel Kant appelait « l’infinie aptitude de l’homme à faire le bien » ? Un outrage perpétré contre l’humanité, d’où qu’il vienne, nécessite un véritable engagement humanitaire pour réparer le mal. Ne perdons jamais de vue que dans cette approche spécifiquement maçonnique, le même esprit qui sut réunir Erwin et Wolfgang et produire chez eux un effet positif sur le plan personnel doit inspirer chez les hommes et les femmes de tous horizons des actes de compréhension, de tolérance et de réconciliation.










Julian Rees

 

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